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Avant de planifier ton automne… est-ce que ton entreprise peut vraiment soutenir tes projets ?


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Cet article est inspiré de l’épisode du podcast Au cœur de Simplement Finances où je partage ces réflexions plus en profondeur.

🎧 Écoute l’épisode directement ici

Une réflexion sur les chiffres à regarder avant de décider où investir ton temps, ton argent et ton énergie dans les prochains mois.

Il y a quelque chose que j’aime profondément dans cette période de l’année, parce qu’on sent tranquillement le rythme revenir. Les vacances tirent à leur fin, les enfants se préparent à retourner à l’école, les agendas recommencent à se remplir et, presque sans qu’on s’en rende compte, cette énergie particulière de la rentrée revient s’installer dans nos entreprises aussi.
On retrouve des idées qu’on avait laissées de côté pendant l’été. Des projets recommencent à nous appeler. On retrouve l’envie de créer, de développer, de lancer, d’améliorer, de reprendre certaines choses qu’on avait mises sur pause… et je la comprends tellement, cette énergie-là.
Moi aussi, j’aime cette impression qu’une nouvelle saison commence.
Mais chaque année, lorsque je vois les entrepreneures recommencer à remplir leur agenda de septembre, une question me revient.
Est-ce que l’entreprise qu’elles ont aujourd’hui peut réellement soutenir tout ce qu’elles sont en train de planifier pour demain?
Parce qu’avant de demander à ton agenda ce que tu pourrais accomplir cet automne, j’aimerais que tu prennes quelques minutes pour demander à tes chiffres ce qu’ils ont à te raconter.
Pas pour laisser tes finances décider à ta place.
Pour qu’elles participent à la décision.

Avant de regarder où tu veux aller, regarde où ton entreprise se trouve réellement

Imagine quelques secondes que nous sommes assises ensemble.
Tu arrives avec ton ordinateur, ton café encore chaud, puis tu me racontes tout ce que tu aimerais faire dans les prochains mois. Peut-être que tu as une nouvelle offre en tête, un lancement que tu veux enfin réaliser, une collaboration qui t’enthousiasme ou simplement cette envie de repartir en force après un été un peu plus tranquille.
Je pourrais immédiatement commencer à te demander combien de clientes tu veux accompagner, combien tu aimerais générer d’ici la fin de l’année ou quels sont les objectifs que tu t’es donnés pour ton prochain trimestre.
Mais ce n’est probablement pas là que je commencerais.
Ma première question serait beaucoup plus simple :
Combien y a-t-il aujourd’hui dans ton compte bancaire d’entreprise?
Et ce que j’aime avec cette question, c’est que la réponse ne se trouve pas uniquement dans le montant que tu vas me donner. Elle se trouve aussi dans la façon dont tu vas aller chercher l’information.
Est-ce que tu connais ton solde presque exactement? Est-ce que tu ouvres ton application bancaire avec facilité? Est-ce que tu me réponds « environ… » en essayant de te rappeler quand tu as regardé pour la dernière fois? Est-ce que tu prends une petite inspiration avant de regarder? Est-ce que tu sens déjà une tension monter en toi?
Parce qu’avant même de commencer à parler de planification financière, de budget ou de cashflow, je suis déjà en train d’observer quelque chose de précieux : la relation que tu entretiens avec l’information financière de ton entreprise.
Et pour moi, c’est là que le travail devient vraiment intéressant.
Je ne veux pas devenir celle qui regarde tes chiffres à ta place et qui te dit ensuite quoi faire. Je veux tranquillement t’aider à développer cette autonomie qui fait qu’un jour, tu vas les ouvrir toi-même, les intégrer, puis naturellement savoir quelle question poser ensuite.

Ton solde bancaire est un point de départ, pas une conclusion

Supposons maintenant que tu me dises qu’il y a 12 000 $ dans ton compte bancaire.
Est-ce que 12 000 $, c’est beaucoup?
Je ne peux pas encore te répondre.
Et est-ce que c’est peu?
Je ne peux pas te répondre davantage.
Parce qu’un solde bancaire pris tout seul ne raconte qu’une toute petite partie de l’histoire.
J’ai maintenant besoin de savoir ce qui doit sortir.
Quelles dépenses arrivent dans les deux prochaines semaines? Dans le prochain mois? Est-ce qu’il y a des taxes à remettre, des fournisseurs à payer, une carte de crédit, un prêt, des abonnements annuels, une formation déjà engagée ou certaines dépenses qui accompagneront un projet que tu as décidé de réaliser?
Et j’ajoute quelque chose que je trouve essentiel dans cette conversation : ton salaire.
Parce que toi aussi, tu fais partie de l’économie de ton entreprise.
Ton entreprise n’existe pas seulement pour payer ses propres dépenses, renouveler ses abonnements et continuer de fonctionner. Elle doit aussi, graduellement, être capable de soutenir la personne qui la construit.
Alors ce fameux 12 000 $ commence tranquillement à prendre un sens.
Mais il me manque encore une information.
Qu’est-ce qui va entrer?
Pas uniquement ce que tu aimerais vendre. Pas les clientes qui t’ont dit qu’elles allaient peut-être te recontacter. Pas la campagne marketing qui pourrait fonctionner si tout se passe exactement comme prévu.
Je veux d’abord comprendre ce qui est déjà engagé, ce qui est prévisible, les contrats déjà signés, les factures qui doivent être payées, les revenus qui reviennent régulièrement ou les ventes que ton modèle d’affaires te permet raisonnablement d’anticiper.
Il y a une différence immense entre se dire : « Je pense faire 15 000 $ le mois prochain » et savoir : « J’ai déjà 9 000 $ de revenus engagés et je sais exactement d’où ils viennent. »
Les deux chiffres ont leur place.
Mais ils ne portent pas le même niveau de certitude, donc ils ne devraient pas soutenir les mêmes décisions.
C’est à partir de là qu’on commence réellement à comprendre la respiration financière de ton entreprise.

Un seul mois ne raconte jamais toute l’histoire

Après avoir regardé ce qui se passe aujourd’hui et ce qui arrive dans les prochaines semaines, j’aime reculer légèrement et regarder les derniers mois.
Parce qu’un seul mois peut facilement nous induire en erreur.
Tu peux avoir vécu un mois exceptionnel parce qu’un gros contrat est entré, puis croire que ce niveau de revenus représente maintenant ta nouvelle réalité. À l’inverse, tu peux traverser un mois beaucoup plus tranquille parce que tu as pris des vacances ou parce que ton entreprise est naturellement saisonnière, puis commencer à douter de tout ce que tu construis.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est la tendance.
Est-ce que tes revenus montent tranquillement? Est-ce qu’ils diminuent? Sont-ils très variables? Tes dépenses augmentent-elles au même rythme que ton chiffre d’affaires? Est-ce que ton entreprise génère davantage de revenus, mais conserve finalement très peu d’argent supplémentaire? Est-ce que ton cashflow devient plus confortable ou est-ce qu’il se resserre mois après mois?
Et surtout, j’ai envie de replacer ces informations-là dans une perspective plus grande :
Est-ce que la trajectoire financière actuelle de ton entreprise correspond encore aux objectifs que tu t’étais donnés pour l’année?
Parce que septembre peut facilement devenir une sorte de deuxième janvier.
On revient avec une nouvelle énergie, de nouvelles idées, de nouveaux apprentissages et parfois même une nouvelle vision de notre entreprise. Et sans même s’en rendre compte, on peut être tentée de recommencer toute notre année au lieu de revenir aux projets que nous avions déjà choisi de construire.
Alors avant d’ajouter de nouvelles choses, je trouve important de revenir à ce qui était déjà là.
Qu’est-ce que tu voulais réellement bâtir cette année?
Est-ce encore important aujourd’hui?
Est-ce toujours aligné avec la direction que tu veux donner à ton entreprise?
Et si la réponse est oui, est-ce que l’énergie que tu t’apprêtes à déployer cet automne va réellement t’en rapprocher?

Une bonne idée n’est pas toujours une bonne décision

Je crois que c’est probablement l’une des réflexions les plus importantes que j’aimerais laisser ici.
Tu peux avoir une excellente idée.
Elle peut être intelligente, créative, cohérente avec ton univers et avoir un véritable potentiel commercial.
Et malgré tout cela…
elle peut ne pas être la bonne décision maintenant.
Imagine que tu veux lancer une toute nouvelle offre cet automne. Rien qu’en y pensant, tu sens déjà ton énergie monter. Tu vois presque le nom, le visuel, le contenu, les publications et tout ce que tu pourrais créer autour de ce nouveau projet.
Je connais très bien cette énergie créative. Elle est stimulante.
Mais avant de transformer cette idée en projet, j’aimerais qu’on la fasse s’asseoir quelques minutes à côté de tes chiffres.
Combien va-t-elle te coûter?
Et je ne parle pas seulement d’argent.
Combien de temps va-t-elle demander? Combien d’attention? Combien d’espace mental? Qu’est-ce que tu vas arrêter de faire pendant que tu construis cette nouvelle offre? Est-ce que tu vas diminuer tes activités de vente pendant quelques semaines? Ton entreprise possède-t-elle suffisamment de liquidités pour absorber cette période de création?
Et qu’arrive-t-il si le projet met deux mois de plus que prévu avant d’être rentable?
Puis il y a cette question que je trouve essentielle :
Est-ce que ce projet soutient réellement l’objectif financier que tu avais choisi pour ton entreprise cette année?
Parce que parfois, le meilleur projet pour ton automne n’est pas un nouveau projet.
Parfois, ce dont ton entreprise a besoin est beaucoup moins excitant à première vue : reprendre une offre qui fonctionne déjà et mieux la vendre, devenir plus constante dans ta visibilité, augmenter ta marge bénéficiaire, consolider ton cashflow, servir davantage une clientèle que tu connais déjà ou simplement améliorer ce que tu as construit avant d’ajouter autre chose.
Parfois, tu dois enlever ton chapeau de créative pendant quelques semaines.
Et laisser davantage de place à la dirigeante.


Créer donne parfois l’impression d’avancer

J’aime profondément la créativité et je crois qu’elle fait partie de la force de beaucoup d’entrepreneures. Elle nous permet de voir des possibilités là où d’autres ne les voient pas, d’imaginer des offres différentes, de développer des projets qui nous ressemblent et de faire évoluer notre entreprise.
Mais elle peut aussi nous jouer un petit tour.
Parce que créer donne une sensation immédiate de mouvement.
Lorsque tu travailles sur une nouvelle offre, tu réfléchis, tu écris, tu conçois, tu organises, tu mets des choses en place. Tu es occupée et ton cerveau reçoit constamment le message que quelque chose avance.
Mais créer et avancer ne sont pas toujours synonymes.
Parfois, ton entreprise n’a pas besoin de quelque chose de nouveau.
Elle a besoin que tu vendes.
Que tu répètes.
Que tu améliores.
Que tu consolides.
Et peut-être même que, dans certains moments, créer devient une façon très élégante d’éviter l’inconfort de vendre ce que tu as déjà construit.
Ce n’est pas une accusation.
C’est simplement une question à se poser avec curiosité.
Est-ce que cette nouvelle idée est réellement mon prochain levier… ou est-elle simplement la prochaine idée qui m’excite?
Cette question peut parfois changer complètement la façon dont tu regardes ton agenda.

Le chiffre d’affaires ne raconte pas toute l’histoire

C’est aussi pour cette raison que le chiffre d’affaires, pris tout seul, m’impressionne assez peu.
Évidemment que je veux le connaître. Il fait partie de l’histoire financière d’une entreprise.
Mais il ne me permet pas encore de savoir si cette entreprise fonctionne réellement pour celle qui la dirige.
Une entrepreneure peut générer 250 000 $ par année et avoir énormément de difficulté à se verser un salaire. Elle peut avoir des dépenses très élevées, une équipe importante, des coûts de livraison considérables, une marge bénéficiaire trop faible et devoir travailler les soirs ou les fins de semaine simplement pour que tout continue de fonctionner.
Une autre entrepreneure peut avoir un chiffre d’affaires beaucoup moins élevé et pourtant construire une entreprise plus légère, plus rentable, avec suffisamment de marge pour se payer correctement et suffisamment d’espace pour vivre la vie qu’elle voulait justement créer en devenant entrepreneure.
Alors oui, je veux savoir combien ton entreprise génère.
Mais ensuite, je veux savoir :
Qu’est-ce qu’il reste?
Quelle est ta marge?
Est-ce que ton entreprise soutient tes finances personnelles autant que tes finances d’entreprise?
Est-ce qu’elle possède suffisamment d’espace pour traverser une période plus tranquille?
Est-ce qu’elle te permet de faire des choix?
Parce qu’au bout du compte, je ne veux pas seulement savoir si ton entreprise gagne de l’argent.
Je veux comprendre si elle te permet de respirer.
Tes chiffres ne sont pas un bulletin
Je crois qu’on arrive finalement à l’une des choses que j’aimerais le plus changer dans la façon dont certaines entrepreneures regardent leurs finances.
Lorsque tu ouvres ton compte bancaire, ce que tu vois devant toi n’est pas une note.
Ce n’est pas un verdict sur ta valeur comme entrepreneure.
Un solde plus bas que prévu ne veut pas dire que tu as échoué. Un excellent mois ne veut pas automatiquement dire que tout va parfaitement bien.

Tes chiffres ne sont pas un bulletin. Ils sont un tableau de bord.

Ils te donnent de l’information.
Ils te disent où ton entreprise se trouve aujourd’hui, ce qui s’en vient, où il y a de l’espace, où il existe peut-être un risque et ce qui mérite ton attention.
Puis vient la partie la plus importante.
Tu décides.
Et pour moi, c’est aussi ça, développer une structure budgétaire consciente.
Ce n’est pas simplement réussir à remplir parfaitement un fichier Excel.
C’est développer cette capacité à ouvrir tes chiffres, à les observer sans immédiatement leur donner une charge émotionnelle, à comprendre ce qu’ils essaient de te montrer, puis à utiliser cette information pour prendre une décision cohérente avec l’entreprise et la vie que tu veux construire.

Ton rendez-vous du mardi matin

Si tu veux repartir de cet article avec quelque chose de très concret, je ne vais pas te demander de refaire tout ton budget ni de télécharger un nouvel outil.
J’aimerais simplement que tu crées un rendez-vous hebdomadaire avec tes finances.
Personnellement, j’aime l’image du mardi matin.
La semaine est commencée. Tu es déjà un peu dans son rythme, mais tu n’es pas encore complètement emportée par tout ce qui doit être fait.
Tu prends ton café.
Tu ouvres ton compte bancaire.
Puis, tranquillement, tu regardes :
  • Combien ai-je réellement aujourd’hui?
  • Qu’est-ce qui doit entrer dans les prochaines semaines?
  • Qu’est-ce qui doit sortir?
  • Qu’est-ce que les derniers mois sont en train de me montrer?
  • Est-ce que mes décisions actuelles soutiennent encore l’objectif financier que je m’étais donné?
Et lorsque tu as regardé tout ça, je veux que tu termines avec une seule question :
Quelle est la décision financière la plus importante que mon entreprise me demande de prendre cette semaine?
Pas dix décisions.
Une.
Parce qu’une entreprise ne se transforme pas uniquement dans les grands moments, les lancements spectaculaires ou les décisions qui changent tout du jour au lendemain.
Elle se transforme aussi dans cette accumulation de petites décisions cohérentes que tu apprends à prendre semaine après semaine, jusqu’à ce qu’elles deviennent de plus en plus naturelles.
Une décision à la fois.

Avant de remplir ton automne…

Peut-être qu’en arrivant ici, tu pensais que préparer ton automne voulait dire remplir ton agenda, choisir tes prochains projets et déterminer tout ce que tu voulais accomplir avant la fin de l’année.
J’aimerais que tu repartes avec une perspective légèrement différente.
Préparer ton automne, c’est aussi regarder honnêtement où ton entreprise se trouve aujourd’hui, revenir aux objectifs financiers que tu avais choisis, comprendre ce que tes ressources te permettent réellement de soutenir et décider où ton énergie aura le plus de valeur.
Ça ne veut pas dire arrêter de rêver grand.
Au contraire.
Je crois profondément que nous avons besoin de rêves ambitieux.
Mais j’aime encore plus lorsqu’ils peuvent pousser sur des racines suffisamment solides pour les soutenir.
Alors avant de remplir les prochains mois de nouvelles idées, prends quelques minutes.
Ouvre tes chiffres.
Écoute ce que ton entreprise essaie de te dire.
Puis décide.

🎧 Viens poursuivre la réflexion avec moi

Dans cet épisode, j’ai voulu créer quelque chose qui ressemble presque à une mini-séance ensemble, comme si tu étais assise devant moi et que je pouvais tranquillement te poser les questions que je poserais à une entrepreneure qui souhaite préparer les prochains mois de son entreprise.
On parle de solde bancaire, de revenus à venir, de dépenses, de cashflow, de marge, de projets… mais surtout de la façon dont toutes ces informations peuvent devenir des repères pour prendre de meilleures décisions financières.
Parce que mon objectif n’est pas de regarder tes chiffres à ta place.
Mon objectif est qu’un jour, un mardi matin, tu puisses les ouvrir toi-même et savoir exactement quelle question poser ensuite.

Si tu veux revenir à la réflexion qui a ouvert cette nouvelle façon de regarder les décisions financières, je t’invite à lire : Pourquoi certaines entrepreneures avancent… pendant que d’autres restent bloquées

Et si, en lisant cet article, tu réalises que tu serais capable d’ouvrir ton compte bancaire, mais que tu ne saurais pas encore vraiment comment transformer ce que tu vois en décisions, c’est exactement le genre de conversation que j’aime ouvrir dans un Choco-Moment.
Pas pour décider à ta place.
Pour commencer à développer ces réflexes ensemble. 🌿

Et garde ceci bien ancré en toi :
Tu es capable de plus que ce que tu crois financièrement. Et la liberté commence le jour où tu choisis d’y croire pleinement.

À très bientôt 🌿






Fondatrice de Simplement finances

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