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Le vrai ROI d’une entrepreneure : où ton argent crée-t-il le plus de valeur ?

26 août
8 min de lecture

Épisode 017 ⏵


Écoutez cet épisode sur


Cet article est inspiré de l’épisode du podcast Au cœur de Simplement Finances où je partage ces réflexions plus en profondeur.

🎧 Écoute l’épisode directement ici

Le retour sur investissement ne se mesure pas seulement à ce qui entre immédiatement dans ton compte bancaire. Il se trouve aussi dans la façon dont tu choisis d’investir les ressources limitées de ton entreprise.

Si demain matin, je pouvais protéger une seule heure dans ton agenda, une heure où personne ne peut te déranger, où aucun courriel, aucun message, aucune cliente et aucune urgence ne peuvent venir prendre ta place…
où est-ce que tu l’investirais?
Peut-être que tu vendrais.
Peut-être que tu travaillerais sur une nouvelle offre qui t’habite depuis quelques semaines.
Peut-être que tu ferais enfin cette relance que tu repousses.
Ou peut-être qu’en lisant simplement la question, tu réalises que tu ne sais pas vraiment où cette heure aurait le plus de valeur.
Et c’est exactement là que la réflexion devient intéressante.
Parce qu’en affaires, nous parlons beaucoup de retour sur investissement — de ROI — comme d’un calcul financier : j’investis un montant, puis j’observe ce qu’il me rapporte.
Mais dans la réalité d’une entrepreneure, je trouve que cette définition est beaucoup trop petite.
Ton entreprise ne consomme pas seulement ton argent.
Elle consomme aussi ton temps, ta concentration, ton attention, ta créativité, ton espace mental… et toutes ces ressources-là sont limitées.
Alors le véritable enjeu n’est peut-être pas seulement de savoir si une dépense est rentable.
Il est aussi de savoir où tes ressources ont le plus de valeur.

Quand ce qui existe déjà mérite davantage ton attention

Récemment, pendant un accompagnement, je discutais avec une entrepreneure qui avait plusieurs possibilités devant elle. Elle aurait très facilement pu repartir de notre rencontre avec une nouvelle stratégie, un nouveau projet ou une nouvelle création à développer.
Et je la comprends tellement, cette envie-là.
Créer quelque chose de nouveau est stimulant. On sent que ça bouge, que notre cerveau travaille, qu’on avance.
Mais devant elle, il y avait aussi quelque chose de beaucoup moins excitant : de l’inventaire.
Des produits déjà achetés, déjà payés, déjà présents sur une tablette à la maison. De l’argent que son entreprise avait déjà investi, mais qui n’était pas encore revenu sous forme de ventes.
Alors tranquillement, la conversation a changé.
Au lieu de demander :
« Qu’est-ce qu’on pourrait créer de nouveau pour générer davantage de ventes? »
une autre question est apparue :
« Avec tout ce qui existe déjà devant toi… où est-ce que ton énergie peut créer le plus de valeur maintenant? »
On pouvait imaginer des paniers, présenter les produits autrement, faire des lives, reprendre contact avec certaines personnes ou simplement remettre en circulation ce qui existait déjà.
Ce n’était probablement pas aussi excitant qu’une nouvelle création.
Mais si son entreprise avait besoin de faire circuler davantage d’argent à ce moment-là, peut-être que son meilleur prochain mouvement n’était pas d’ajouter quelque chose.
Peut-être qu’il était de faire travailler davantage ce qui existait déjà.
C’est une nuance que je trouve essentielle, parce qu’une bonne idée peut être une excellente idée… sans être la meilleure utilisation de tes ressources aujourd’hui.
Alors avant de décider, j’aime revenir à cette question :
« Est-ce que c’est la meilleure utilisation de mes ressources maintenant, considérant ce dont mon entreprise a réellement besoin? »

Toutes les tâches ne créent pas la même valeur

Deux heures dans ton agenda peuvent avoir exactement la même durée sans avoir du tout le même impact sur ton entreprise.
Tu peux passer une heure à retravailler un visuel qui était déjà suffisamment bon, puis utiliser une autre heure pour reprendre contact avec trois personnes qui avaient déjà démontré un réel intérêt pour ton offre.
Dans les deux cas, tu as travaillé.
Mais les deux heures n’ont peut-être pas créé la même chose.
Et je ne dis surtout pas que chaque minute de ta journée doit devenir une obsession de performance ou produire immédiatement de l’argent.
Je veux simplement t’amener à distinguer être occupée et créer de la valeur.
Parce qu’une tâche peut être utile sans être prioritaire. Elle peut même être importante, mais ne pas être la meilleure décision pour cette saison de ton entreprise.
C’est précisément ici que le ROI devient beaucoup plus intéressant.

Le coût réel d’un investissement dépasse parfois son prix

Imagine un projet qui te coûte seulement 200 $.
À première vue, ce n’est peut-être pas un énorme investissement.
Mais si ce projet exige quarante heures de travail, occupe pratiquement tout ton espace mental pendant trois semaines, te pousse à travailler plusieurs soirs et ralentit tes activités de vente pendant que tu le construis…
est-ce qu’il t’a réellement coûté seulement 200 $?
Probablement pas.
C’est pourquoi, devant un projet, une opportunité ou même une tâche importante, deux questions peuvent déjà changer ta façon de réfléchir :
« Qu’est-ce que cette action me demande réellement? »
« Qu’est-ce qu’elle peut raisonnablement créer en retour? »
Le mot raisonnablement est important.
Comme entrepreneures, nous sommes souvent très bonnes pour tomber en amour avec le potentiel d’une idée.
Imagine si ça fonctionne.
Imagine si j’en vends cinquante.
Imagine si cette collaboration m’amène énormément de clientes.
Et oui, rêvons grand.
Mais une dirigeante doit aussi être capable de regarder une opportunité à partir de sa réalité : son audience actuelle, ses ressources, son historique, sa capacité à exécuter le projet et la probabilité raisonnable que le résultat espéré se produise.
Autrement, on ne mesure pas réellement le ROI.
On mesure notre enthousiasme.

Un retour peut être immédiat, différé… ou presque invisible

Il y a aussi quelque chose que je trouve important de comprendre : une bonne décision financière ne produit pas nécessairement de l’argent immédiatement.
Certaines actions ont un retour immédiat.
Tu fais une relance, une cliente signe, tu factures et l’argent entre.
C’est tangible et facile à mesurer.
D’autres ont plutôt un retour différé.
Prends ce blogue ou mon podcast. Je peux investir plusieurs heures à réfléchir, écrire, enregistrer et publier un épisode sans qu’une seule vente en découle cette journée-là.
Mais une entrepreneure peut découvrir cet épisode trois mois plus tard, en écouter un deuxième, lire quelques articles, apprendre à connaître ma façon de réfléchir aux finances puis, plusieurs mois après, venir travailler avec moi.
La valeur n’était pas absente.
Elle était simplement plus loin dans le temps.
Et puis il existe aussi des retours beaucoup plus difficiles à mesurer, un retour invisible : une réputation qui se construit, une expertise qui grandit, une relation stratégique, une cliente qui parle de toi pendant plusieurs années ou une compétence qui te fera économiser énormément de temps plus tard.
C’est pourquoi penser en ROI ne veut pas dire devenir froide et demander constamment :
Combien ça me rapporte?
Il s’agit plutôt de comprendre quel type de retour tu es en train de construire et s’il correspond à ce dont ton entreprise a besoin.
Parce qu’investir presque toutes tes ressources dans des retours différés lorsque ton entreprise a besoin de revenus maintenant peut créer une pression financière importante.
Mais ne faire que ce qui rapporte immédiatement, sans jamais construire ce qui soutiendra ton entreprise dans six mois ou dans deux ans, peut aussi limiter sa croissance.
C’est dans cet équilibre que le jugement financier commence réellement à se développer.

Chaque oui a aussi un prix invisible

Il y a une autre dimension du retour sur investissement que nous oublions souvent : le coût d’opportunité.
Chaque fois que tu dis oui à quelque chose dans ton entreprise, tu utilises des ressources qui ne pourront pas être investies ailleurs au même moment.
Si tu consacres quatre heures à une collaboration, ces quatre heures ne peuvent pas simultanément servir à vendre, faire des relances ou améliorer une offre.
Si tu consacres une grande partie de septembre à construire un nouveau produit, cette même attention n’est plus disponible pour mieux vendre ce qui existe déjà.
Ça ne veut absolument pas dire que ces choix sont mauvais.
Ça veut seulement dire qu’il faut les regarder au complet.
Parce que beaucoup de possibilités peuvent être intéressantes.
Mais tu ne peux pas toutes les nourrir en même temps.
Alors au lieu de demander uniquement :
Est-ce que cette opportunité est intéressante?
j’aime beaucoup plus cette question :
«Est-ce qu’elle est suffisamment intéressante pour mériter ce que je vais devoir laisser de côté pour lui faire de la place?»
Tout à coup, tu ne compares plus une possibilité avec rien.
Tu la compares avec les autres endroits où les mêmes ressources pourraient être investies.
Et ça peut complètement changer une décision.
Avant un grand oui, tu peux donc revenir à trois questions très simples :
« Qu’est-ce que cette décision va réellement me demander? »
« Qu’est-ce qu’elle peut raisonnablement créer en retour? »
« À quoi est-ce que je dis non en lui disant oui? »
Arrêter. Poursuivre. Amplifier.
Après toutes ces réflexions, je ne veux surtout pas que tu fermes cet article en te disant que tu dois maintenant analyser chaque heure de ton entreprise dans un énorme tableau.
On va faire beaucoup plus simple.
Prends une feuille et écris simplement :
Arrêter.
Poursuivre.
Amplifier.
Sous arrêter, inscris une seule chose qui te demande beaucoup de ressources pour très peu de valeur aujourd’hui.
Sous poursuivre, choisis quelque chose qui mérite encore un peu de temps avant que tu rendes un verdict, parce que tous les retours ne sont pas immédiats.
Puis sous amplifier, pose-toi cette question :
« Qu’est-ce qui fonctionne déjà… mais auquel tu ne donnes peut-être pas encore assez de place? »
Une seule réponse dans chaque catégorie.
Pas dix.
Parce que l’objectif n’est pas de transformer cette réflexion en une nouvelle liste de tâches.
C’est de commencer à allouer tes ressources un peu plus consciemment.

Alors… où investirais-tu ton heure maintenant?

Je veux revenir à la question du début.
Si demain matin, tu pouvais protéger une seule heure dans ton agenda…
où est-ce que tu l’investirais maintenant?
Peut-être exactement au même endroit qu’avant.
Ou peut-être que quelque chose a changé.
Parce que tu ne regardes plus seulement ce que tu as envie de faire.
Tu regardes également ce que cette décision exige, le type de retour qu’elle peut créer et ce à quoi tu acceptes de renoncer pour lui faire de la place.
Et c’est là que ton argent commence à devenir beaucoup plus qu’un chiffre dans ton compte bancaire.
Il devient une ressource que tu apprends à diriger.

🎧 Poursuis la réflexion avec moi


Dans l’épisode, je t’amène plus profondément dans cette réflexion avec des exemples concrets autour du retour sur investissement, du coût d’opportunité et de la façon dont une dirigeante peut apprendre à reconnaître ce qui mérite réellement les ressources de son entreprise.

Et cet épisode fait partie d’une petite série.

Dans l’épisode précédent, nous avons appris à observer notre réalité financière.

Ici, nous apprenons à mieux allouer nos ressources.

Et dans le prochain, nous allons regarder comment structurer tout ça suffisamment simplement pour pouvoir refaire cet exercice régulièrement sans transformer la gestion financière de ton entreprise en projet de trois heures.

Et garde ceci bien ancré en toi :
Tu es capable de plus que ce que tu crois financièrement. Et la liberté commence le jour où tu choisis d’y croire pleinement.

À très bientôt 🌿






Fondatrice de Simplement finances

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